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Hier, j'avais pour invité le docteur NASIO, psychanalyste de renom qui vient de sortir un livre sur le corps. Comment être bien dans son corps
en quelque sorte. (Mon corps et ses images aux éditions PAYOT).
Or, j'ai constaté que les femmes étaient beaucoup moins à l'aise dans leur corps que les hommes et que, surtout, elles étaient beaucoup plus dépendantes du regard de l'autre. L'autre étant souvent évidemment un regard masculin. Pourtant, être à l'aise dans son corps, ce devrait être d'abord un pacte avec soi-même puisqu'il s'agit de ressentir son corps de l'intérieur. C'est sans nul doute pour ça que les yogis et tous les adeptes des sciences orientales sont, en général, mieux dans leur corps puisqu'ils ont appris à respirer profondément, à évacuer le stress, à se libérer de la dictature de la pensée qui prédomine dans notre monde occidental.
Il est vrai que chez nous, le toucher n'est pas valorisé, il est même souvent réprimandé puisqu'il s'apparente très vite à du harcèlement sexuel, voire même à des attouchements incestueux. Récemment, un financier suisse m'avait rencontrée afin de créer une sorte de "temple de l'amour" en France dans lequel les couples auraient pu venir afin d'apprendre à mieux s'aimer. J'ai du lui expliquer les difficultés que nous risquions de rencontrer. En effet, expliquer à une femme comment se toucher sans gestes qui risqueraient aussitôt d'être condamné pour attouchements excessifs s'avère une démarche impossible.
Mais tout ça ne nous dit toujours pas pourquoi les femmes seraient moins à l'aise dans leur corps ? Alors que justement, elles sont plus en relation avec leurs émotions. Le cœur prendrait-il ainsi le dessus sur le corps ? Il me semble que si nous séparons le corps, le cœur et la tête, on s'aperçoit très vite à quel point le cœur et la tête fonctionnent en binômes, en complices (pas toujours d'ailleurs pour notre bien) contre le corps. Ce corps qui devrait pourtant est notre meilleur allié, notre compagnon indispensable qui nous mène de la naissance à la mort.
Nous ne cessons de le maltraiter, de lui en demander toujours plus. Même lorsqu'il nous envoie un signal de détresse, nous continuons et il faut vraiment être mal en point pour accepter de se soigner et de rester tranquillement allongé. Notre corps est pourtant le meilleur baromètre de notre état intérieur. Il va bien quand nous allons bien et il souffre dès que nous souffrons.
Nous les femmes, nous devrions pourtant le savoir, nous qui enfantons. Seulement si nous sommes tributaires du regard de l'autre, c'est sans doute parce que nous n'avons pas été suffisamment admirées. Les mères, la plupart du temps, ont un regard admiratif pour leurs petits garçons, les pères sont souvent plus discrets. Ainsi, les femmes chercheront le regard désirant d'un homme pour se sentir femmes. Pourtant notre féminité est magnifique. Dans certaines cultures où la déesse femme est vénérée, curieusement les femmes vivent mieux leur ménopause, elles sont mieux dans leur peau. Je crois donc qu'il faut que la femme apprenne à vivre pour elle, à l'intérieur d'elle-même, à laisser son sexe vibrer dans son ventre.
D'ailleurs durant l'émission, à la question : "Messieurs, quelle est la partie de votre corps que vous aimez le moins ?" Ils ont répondu : "le ventre". Symbole féminin par excellence. Les hommes ne veulent pas ressembler à des femmes. Nous les femmes, acceptons d'être des femmes avec un corps, certes imparfait, mais qui n'a pas besoin de répondre à des critères dictés par les hommes.
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